Citation du jour: « L’ homme et la nature ne font qu’un. La proteger c’est preserver l’avenir de l’homme « .

Déforestation : baisse inédite de 15 % en un an, mais l’objectif de 2030 reste loin hors de portée

Selon le dernier rapport du collectif Forest Declaration Assessment, environ 7 millions d’hectares de forêts ont été détruits dans le monde l’année dernière. Malgré un ralentissement inédit, la trajectoire mondiale reste insuffisante pour stopper le déboisement à la fin de la décennie.

C’est une lueur d’espoir teintée de prudence pour les poumons verts de la planète. La déforestation mondiale enregistre une baisse de 15 % sur un an, la chute la plus marquée observée depuis le début de la décennie. Au total, 7 millions d’hectares de surfaces boisées, soit une superficie proche de la taille de l’Irlande ou du Panama ont été définitivement détruits au cours des douze derniers mois.

Ces chiffres sont issus du rapport annuel rédigé par le collectif d’ONG et d’experts du Forest Declaration Assessment. Si ce recul net est salué par la communauté internationale, les spécialistes rappellent que la situation demeure critique.

Ce reflux s’explique principalement par les progrès accomplis dans certains bassins forestiers majeurs :

  • En Amazonie, les politiques publiques renforcées et un contrôle accru de l’exploitation illégale ont permis d’endiguer une partie des coupes rases.
  • En Asie du Sud-Est, les moratoires sur la conversion des terres pour la culture du palmier à huile continuent de porter leurs fruits.

Toutefois, la dynamique reste très inégale à l’échelle globale. L’Afrique tropicale, notamment le bassin du Congo, continue de subir une pression constante sur ses écosystèmes forestiers, tirée par l’expansion de l’agriculture vivrière, la collecte de bois-énergie et le développement des infrastructures.

En 2021, lors de la COP26 de Glasgow, plus de 140 pays s’étaient engagés à stopper et inverser la déforestation d’ici à 2030. Or, en dépit du progrès enregistré cette année, la planète accuse un retard accumulé considérable par rapport à la courbe cible.

« Un recul de 15 % est une bonne nouvelle, mais cela ne suffit pas à nous remettre sur les rails. Nous sommes toujours environ 70 % en dessous des objectifs fixés pour 2030 », préviennent les auteurs de l’étude.

Pour expliquer ces difficultés, les experts pointent du doigt deux leviers essentiels :

  • Les financements climatiques : La protection et la restauration des forêts mondiales ne reçoivent actuellement qu’une part infime des financements dédiés au climat (moins de 1 %).
  • Le secteur privé et la finance : Malgré des engagements répétés, de nombreuses chaines d’approvisionnement industrielles et institutions financières continuent indirectement de soutenir des activités destructrices.

Si le repli constaté démontre que les politiques de conservation et de régulation peuvent fonctionner, les experts appellent à une accélération massive des efforts dès aujourd’hui pour ne pas transformer ce répit temporaire en rendez-vous manqué.

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